dimanche 31 janvier 2016


The Beginner's Guide 

2015 - genre indéterminé - PC / Mac
jeu solo uniquement

      Deux ans après The Stanley Parable, Davey Wreden nous présente son nouvel ovni vidéoludique. Et le mot est faible. Il s'agit bien plus d'une expérimentation que d'un jeu à proprement parler. The Beginner's Guide met de coté les mécaniques classiques du jeu vidéo et vous propose un voyage initiatique poussant à la réflexion et à l'empathie.

       Ca reste assez dur de parler de ce jeu sans tenter de l'interpréter. Il y aurait pleins de trucs a analyser, des symboles, des liens, on pourrait en discuter des plombes. Mais là c'est pas l'but. Juste une présentation rapide. Mais gardez ça en tête, si vous êtes du genre à vous agiter le cerveau et à repérer tous les détails pour essayer de comprendre et d'interpréter, ben y a de ça dans The Beginner's Guide.

Joue pas! Pas avec moi!


      Pour l'histoire, Davey Wreden se pose en narrateur pour nous parler de son pote, Coda, créateur de jeux entre 2008 et 2011. Suite à un bug, Coda est touché par la grâce et décide de se consacrer à décortiquer, rechercher et remettre en question les codes et les principes qui charpentent les oeuvres vidéoludiques. Il va alors produire une multitude de petites expériences au fil desquelles une réflexion sur le statut du jeux vidéo en lui même se dégagera. Réflexion qui va gentiment entamer la santé morale de notre cher Coda, qui utilisera alors ses recherches pour matérialiser ses états d'âme en trois dimensions. Un peu comme un mec triste composant un morceau de blues pour parler de son mal-être.
      Bah on va pas rigoler, ça non. Si The Beginner's Guide se présente en vue FPS, il n'offre comme possibilités que les déplacements basiques et l'interaction avec quelques objets de manière binaire (en gros c'est sur off, je le met sur on). Voilà, c'est tout. Pour le reste, c'est un couloir. Ou plutôt des couloirs. Pendant deux heures. The Beginner's Guide est construit comme une suite d'une quinzaine d'univers absurdes indépendants. On avance comme dans une visite guidée. Aucun challenge, pas de défaite possible. Donc pas de victoire.

 

Alors quel intérêt?

 
    Le jeu est assez touchant. Il propose en première partie de découvrir quelques mécaniques qui sortent de l'ordinaire, pour amener a des questionnements du type: c'est quoi, dans le fond, un jeu vidéo? A quel moment cesse-t-il d'en être un?...
      Et puis, en douceur, Davey Wreden distille un peu d'émotion. Je pense en particulier à ce jeu ou l'on se retrouve à l'intérieur d'une maison feng-shui, avec pour seul but de faire le ménage en discutant. Débarrasser la table, faire le lit, ranger la bibliothèque... La musique est douce, y a presque un feu dans la cheminée et l'on répète les mêmes gestes. Dehors, par les baies vitrées, on peut voir la neige, la nuit et sentir le froid. J'aurais pu y passer de longues minutes avant de me lasser. J'ai vraiment eu cette sensation, vous savez, lorsque vous êtes trempé par la pluie, malmené par le vent et que vous passez la porte de votre appartement. Il y a du chauffage, des plaid, des lumières tamisé, de la bière et son jogging. C'est chaud et c'est doux. 
     Bon plus on avance, plus on se prend les souffrances de Coda dans la figure. On explore ses doutes, ses craintes, et immanquablement, on s'y retrouve aussi. The Beginner's Guide sous entend dépression, angoisse de la page blanche, enfermement et frustration.
      C'est assez bien fichu. Je me suis pris au jeu, j'ai eu le sentiment que Coda existe bel et bien et qu'il se sert du jeux vidéo comme d'un journal intime, d'un exutoire à tourments.


      En fait c'est assez particulier. Votre réaction dépendra de votre propre vécu. Alors, c'est sur, c'est pas pour tout le monde. Mais pour tous ceux qui ne répondent pas au téléphone par désir d'être seul, pour les mélancoliques, pour ceux qui se perdent dans leur propre vie, ceux qui se cachent et qui attendent, ceux qui créent mais qui, selon eux, n'y arrivent pas ou tout simplement ceux qui ont envie de tester un truc différent, ben allez-y, ça coute neuf euros sur steam. Pour les autres, passez votre chemin, vous allez vous emmerder.


Tant qu'à être dans le bad:

    Petit bonus, un morceau très joyeux intitulé "She Sings to Forget You" de The Apartments, formation australienne menée par Peter Milton Walsh depuis le début des années 80.  
      Youhou, vive la vie! Bye.







mercredi 20 janvier 2016

 

False Flag 

série israélienne - drame/espionnage/thriller - 2015

      Une petite aparté pour vous recommander la saison 1 de la série israélienne False Flag. Huit épisodes disponibles en VF (en fait je ne les ai pas trouvés en VOST. Dommage, ça aurait donné un cachet du feu de dieu) plutôt bien doublés. Il s'agit d'une fiction d'espionnage (vaguement inspirée d'un fait réel) un peu dramatique sur les bords.

 

      En bref, comment les vies de cinq citoyens israéliens vont basculer suite à l'enlèvement du ministre de la défense iranien à Moscou. J'en dis pas plus. Y a pas réellement de bande annonce, et c'est tant mieux. Si vous voulez un synopsis plus détaillé, j'vous laisse jeter un oeil sur Allociné.

      Le format déjà. Je suis assez friand des séries courtes (six/huit épisodes). J'y vois une forme de garantie d'un contenu essentiel, sans divagations ni surplus. On évite les écueils qui nous font parfois dire: "c'est bien au début, mais là, ça traine en longueur". On plonge dans le bain directement.
      Ensuite le suspens, ou plutôt, la gestion du suspens. Ca se regarde d'une traite. C'est aussi l'avantage du format court. On palpite, on en veut encore, à chaque nouveau visionnage on surveille la timeline en espérant être au début de l'épisode alors qu'il est quasiment terminé.
     Cette tension doit beaucoup aux personnages. Ce sont des citoyens lambdas, comme vous et moi en apparence. Des gueules, des ambitions, des faiblesses, des secrets. Et on assiste à l'avalanche de merde qui leur tombe sur la gueule. Avalanche qui, dans un monde dominé par la malchance, pourrait très bien vous atteindre aussi. Evidement, tout n'est pas blanc ou noir, mais par soucis de discrétion, je n'en dévoile pas plus.
     Et puis cette série, je la trouve fraîche. Essentiellement parce qu'elle est Israélienne. Sans faire de tourisme, elle permet d'aborder ce pays autrement que par les drames relayés par nos médias et les images préconçues liées aux clichés religieux. Des acteurs et des lieux inconnus, on respire... Même si on ressent parfois un petit je-ne-sais-quoi d'américanisme à la 24 heures chrono, exit le super-héro, les triangulations de satellites grâce au signal codé de mon cul, l'honneur de la nation des nations, etc...


     
     Le seul truc, c'est que comme False Flag se veut réaliste, quand un détail pèche, c'est un peu Las Végas dans l'désert. On peut pas le louper. Mais c'est rare... argh....oui, on va dire que c'est rare...je peux rien dire sans trop en dire. Du coup, je n'aborderais pas non plus la fin de la saison. Même si j'en ai très envie.
     Pour finir, l'hébreu sur smartphone ça pète la classe. On dirait vraiment une écriture d'un autre monde.

     Voilà, j'espère avoir attisé votre curiosité, plongez vous dedans les yeux ouverts, avec un bon plaid, des clopes pour le style et une bouteille de Carolus cuvée de l'empereur. Vous verrez, ça descend tout seul. C'est (presque) pas violent.


 

lundi 11 janvier 2016

Sine Mora

2012 - PC / Xbox 360 / Playstation Vita / Playstation 3
Jeu solo uniquement

       Le shoot'em up c'est trop dur. Un peu comme commencer le kung-fu à 30 ans. Ca fait chier parce que ça donne envie. On défonce tout, on esquive tout, on pilote comme un as. Pas comme cette fiotte d' Albator. Oui mais le skill, ça tombe pas du ciel. C'est bien ça l'problème. Et puis j'avoue, le scoring, je m'en tape. Je veux juste exploser des méchants faibles, et arriver au bout. Je veux avoir l'impression d'être Dieu, sans trop m'fouler. J'ai jamais dépassé le premier niveau de super R-Type, mais j'ai terminé Sine Mora. En mode story facile ...

 

      Je persiste et je signe, Sine Mora, c'est aussi pour les nuls. Ca faisait bien longtemps que j'attendais de pouvoir gouter aux plaisirs du shoot' em up. Parce que jusque là, pour ma part, c'était un peu comme le surf quand on débute. Soit on reste couché sur la planche et on utilise ses crédits, soit on tente le tout pour le tout, on se met debout, et là et ben...ben essayez, vous verrez. Sine Mora permet de choisir sa vague, et de ralentir la chute, histoire de se vautrer avec un minimum de classe. En mode story. Parce qu'en arcade, c'est une tout autre paire de manche. C'est pour les durs. C'est pas pour moi.



Shut up, shoot'em up!

 

      Bon, si y a bien une chose qu'on attend pas avec un "shmup" (comprendre "shoot'em up"), c'est un scénario. Mais à la manière d'un porno, il faut bien une histoire pour compléter cette direction artistique de haute volée. Alors on pond un space opéra dans un univers steam punk. J'appellerais ça un "steam opéra". Rien à foutre de rien.
      Pif paf pouf! Je vous la fait courte : rébellion, empire, guerre, héros, cause perdue... tout ça en langue elfique du futur,  sous-titrée en français.
      Bref, l'histoire est suffisamment confuse pour ne pas donner envie de s'y attarder. Et comme dit plus haut, on s'en fout du pourquoi/comment, c'est un jeu de tir, alors on veut tirer. On réfléchira plus tard.
       A noter: de petites cut-scènes sont insérées aux sein des stages, permettant de souffler pendant quelques secondes, d'admirer le paysage, et de ne toujours rien comprendre à ce qu'on fout là.


Mais alors, vite fait, c'est quoi l' principe?

 


      Je vous parle rapidement du "shmup". L' idée c'est de diriger un mec, un vaisseau, un avion, un tank, une sorcière, bref, quelque chose qui peut tirer, en scrolling horizontal ou vertical (en général vous allez de la gauche vers la droite en vue de coté, ou du bas vers le haut en vue du dessus). Vous voyez le principe? Avancer, et tirer sur tous ce qui bouge. Et généralement, ce qui bouge, c'est un ennemi qui vous tire dessus.
       Pas de surprises de ce coté là; il vous faudra slalomer entre les boulettes en essayant de chopper les bonus.

      Sine Mora complète ce tableau avec deux mécaniques. En premier lieu: la limite de temps... Voilà l' topo: les secondes défilent à l'envers. Une fois le chrono à zéro, c'est la mort. A chaque ennemi explosé, on gagne des secondes supplémentaires. A chaque coup encaissé, on en perd. 
      Grosso merdo, le temps c'est une barre de santé qui descend continuellement. Et la seule façon de la recharger, c'est d'envoyer vos adversaires dans valdinguer dans le décor. Ou de chopper un bonus spécifique. Ou d'atteindre un checkpoint (situés à intervalles réguliers, pas de panique) ce qui réinitialise le chrono.
      Autre particularité: le fameux bullet time. Il s'agit d'un "pouvoir" qu'on enclenche en pressant une gâchette et qui prend fin lorsqu'on la relâche. Alors évidement, vous imaginez bien que lorsque l'on se fait canarder dans tous les sens, la possibilité de ralentir le temps aide grandement à rester en vie. Bien sur, ce n'est pas infini, et il vous faudra recharger votre "capsule" temporelle en choppant les bons items.
       A coté de ça, on retrouve les classiques: bonus divers, enchainements de stages aux paysages variés terminés par de gros boss, multiplicateurs de score, pour ceux que ça intéresse, différents avions/pilotes avec une arme spécifique à l'utilisation limitée (bombe, laser, tête chercheuse...). 
       Ah. Et puis un mode arcade, pour les bourrins. Ce qui n'est pas mon cas, alors j'en parle pas.



Rien pigé. Pourquoi c'est bien? 



       Et bien parce que c'est accessible aux novices. Le mode story est une ballade de santé avec sa dizaine de continus. Et comme dit plus haut, le bullet time permet de se sortir des situations délicates sans trop de dégats. Exit la frustration. On dirait que le jeu veut nous faire découvrir le "shmup" en douceur. 
       Et merde, c'est plutôt très joli. Vous traverserez sept stages, eux même découpés en sections variant les décors. Des atolls paradisiaques aux villes gargantuesques, en passant par des grottes sous-marines et des usines gigantesques, vous devriez voir du pays. Autant l'histoire est chiante à suivre, autant l' univers est riche et attrayant. C'est colloré, massif. Les pilotes, les véhicules, les boss... Tout est chiadé au poil. J'vous laisse jeter un oeil à la vidéo qui va suivre pour vous faire une idée. Mais c'est assurément  l'un des plus gros point fort de Sine Mora.



         
        Voilà, c'est fait. Vous savez le principal. Le jeu regorge de petites subtilités mais je vous laisse les découvrir. Je vais pas faire un article de 20 pages non plus. C'est très chouette. Je regrette simplement la faible durée de vie (environ 1 heure) de ce mode story. C'est intense, mais ça fait un peu court pour dix euros. Cependant, le mode arcade pourra vous tenir accroché à votre manette, pour peu que vous aimiez vous en prendre plein la tronche à répétition. Si c'est le cas, foncez, sinon y a une démo sur steam.